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  • GUY DAROL REPOND A BIENVENU MERINO ❘ DERNIER CHAPITRE

     

    1975. Guy Darol crée la revue Dérive

    La revue et son collectif

    Pour une écriture de l’arrogance

    L’intelligentsia

    Danton a dit

    5 questions/ 5 réponses

     

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    B. M : Guy, dans les années 1975, à 22 ans, tu crées la revue Dérive, ayant pour contributeurs, entre autres, Christian Gattinoni, Gérard de Cortanze, Christian Prigent, Jean Baudrillard, Abdellatif Laâbi, Jean-Noël Vuarnet, Edmond Jabès, et j’en passe. Beaucoup de lecteurs passionnés, je pense, devaient s’armer de patience pour déchiffrer le langage utilisé dans ta revue, non ?

    G.D : Dérive est une publication qui s'inscrit dans l'espace d'une réflexion sur l'écriture dont les protagonistes se nomment Pierre Guyotat et Jean-Pierre Faye, Denis Roche et Geneviève Clancy. Au sein du collectif qui anime cette revue, une pensée s'agite qui est de transformer le langage pour changer la vie. Certains d'entre nous sont convaincus d'un effet réel des retournements du langage sur l'immobilité ambiante. Nous pensons donc que les formes, et cela dans l'accompagnement du Mouvement du change des formes (avec Jean-Pierre Faye, Jean-Claude Montel, Didier Pemerle, Philippe Boyer ...) sont un enjeu de vie à la suite des tentatives de Danielle Collobert, Stanislas Rodanski, Jean-Pierre Duprey ou Bernard Réquichot. Syntaxe retournée, ponctuation au souffle modifié, lexique réinventé, concepts modelés dans l’acier des torpilles, tout est déviance, dérive, écart dans les marges de la norme. Dérive fait suite à Crispur, publication vendue à la criée au Quartier Latin dans les conditions du happening. Cher Bienvenu, nous parlons d’une époque où la littérature est un contre-pouvoir. Elle est l’alliée des petits et des faibles. La littérature nous est alors une arme et nous nous en servons avec un  savoir-faire boutefeu. Chacun d’entre nous a lu Antonin Artaud et Benjamin Péret. Et nous considérons leur exemple comme un chemin à suivre.

    B.M : Dans le numéro 4 qui a pour thème Violences/ Contradictions/ Interdit (e) à la page 82, dans un de tes textes intitulé POUR UNE ECRITURE DE L’ARROGANCE,  tu écris mp;nbsp;: « À l'endroit des braderies théoriques, le dernier cri de la marchandise universitaire est produite des régressions les plus stimulées par la mécanique du pouvoir. La théorie-fiction appelle la feinte, en imitant les gestes d'une perversion, elle instancie l'économie d'une violence, dans l'intérêt de toute fiction, laquelle n'est qu'une réalisation mentale d'une avancée. » Guy, ton écriture aujourd’hui est bien plus fluide, plus compréhensible, plus explicite, plus claire et romancée, le lecteur n’a pas à se torturer,  même si certains y prenaient du plaisir. Elle n’a plus trop à  voir avec  l’écriture de cette revue des années 75. C’est une sorte de « transmutation », n’est-ce pas ?

    G.D : Je t’accorde que j’ai huilé la mécanique et que mes ambitions théoriques se sont un peu relâchées. Les temps ne sont plus au collectif, à la communauté des idées soufflées par la littérature. La littérature ou ce que l’on nomme ainsi désigne un marché et non cet espace du risque dans lequel l’esprit, la force de l’esprit est un relais pour le lecteur. Le marché de la littérature qui s’apparente désormais au rock industriel, à l’industrie des images et du son ne peut en aucun cas permettre à qui que ce soit de se retrouver dans une modalité de respiration et de combat, dans un influx contre les puissants. La littérature en tant que marché est une scène où défilent successivement et parfois simultanément des personnages supposés vendre et se vendre sans que jamais ne soit prononcée une insulte aux caciques ni craché le moindre glaviot. Or la littérature au sens où nous l’entendions dans les années 1970 (et je n’ai point varié) se situait dessous, underground, se préservant toujours des récupérations possibles et des dangereux malentendus. Etre écrivain n’était pas précisément une carte de visite qui ouvre les portes des palais. Faire une revue était comme allumer un brasier. Nous voyons aujourd’hui l’espace qui nous sépare d’une époque où les noms de René Daumal et d’Antonin Artaud résonnaient comme des tambours annonçant la bataille.

    Mon écriture demeure toujours aussi inquiétante dans ses correspondances avec la mémoire, le temps, l’imaginaire, trois mots que l’on cherche aujourd’hui à pousser du côté de l’obsolescence. Car il est bien évident que se souvenir comme penser le temps à l’image d’une hélice n’est pas très en vogue. Tout étant désormais futurible, sagittal, dirigé comme la fusée vers des lendemains maigres. Surtout que l’on soit désencombré du passé, de notre histoire et si possible de l’Histoire et de sa grande H.

    Sans doute dois-je ajouter que le métier rentre et qu’à force d’écrire – bientôt quarante ans d’écriture –, il me devient plus facile de construire une phrase et de rendre limpide les états de ma pensée. Du moins je m’efforce, sans renier un penchant sapide pour les formes et les vocables retors aux codifications de l’époque.

    B.M: Avec le collectif Dérive vous avez fait un travail sur le langage que certains lecteurs appelaient l’écriture torture-méninges. Au sens large, le langage désigne tout système de communication vocal, graphique ou encore gestuel. Il constitue un thème de prédilection pour le philosophe qui s’interroge par exemple sur son rapport aux choses, ses conditions ou sa structure et l’ordre logique dans lequel il doit se déployer pour émettre des propositions valides. Bien que l’on attribue parfois abusivement un langage aux animaux, il faut, en toute rigueur, réserver cette faculté aux hommes ou tout au moins préciser sa spécificité. Traditionnellement, en effet, le langage est lié à la pensée comme le montre le double sens du mot logos, désignant à la fois la « raison » et le « discours ». Aristote opposait ainsi le terme phonè, c’est-à-dire la « voix » ou le « cri » qui permet de manifester plaisir et souffrance, au langage proprement humain dont l’usage détermine le caractère politique de notre espèce. Par lui, nous posons des valeurs et nous délibérons.

    Le langage comme faculté d’exprimer et de mettre en forme ses pensées se déploie à la fois dans le cadre de la langue et de la parole. La langue est l’ordre des signes propres à un groupe linguistique, (par exemple, la langue française ou anglaise), la parole est l’appropriation individuelle qui permet son évolution. C’est ce qui explique qu’une langue qui n’est plus parlée soit morte. Mais, tandis que la langue ne saurait être une histoire sans parole, la parole ne peut être une parole sans histoire, c'est-à-dire un discours sans système linguistique de références. Guy, toi qui as des origines bretonnes, cela doit te parler. Es-tu d’accord avec cette explication de texte ? Je pense qu’il est  possible d’aller encore plus loin (j’allais dire dans le travail que vous avez fait avec le collectif Dérive) dans la destruction de l’écriture classique, dans un chaos quasi complet de l’écriture, tout en la rendant tout de même lisible et à la fois cohérente et compréhensible ?

    G.D : J’adhère pleinement à ta démonstration. Nous détruisions la langue des élites. Il s’agit aujourd’hui d’user du langage commun afin de dénoncer ce qui n’est pas commun, à savoir l’imposture. Il est temps que la littérature revienne, et sans doute empruntera-t-elle de nouvelles formes, afin de mettre fin à l’illusion du marché, cet opium concurrentiel du religieux. Je pense vraiment qu’une rupture aura lieu, au devant de laquelle des écrivains sans notoriété articuleront les mots de l’harmonie retrouvée. Ainsi s’effondrera, après des décennies de nuées et de tours de passe-passe sans portée mirobolifique, le spectacle dérisoire du mensonge, le flux tendu du commerce des images. Celui qui parle tient la littérature pour un outil de connaissance, une voie énergisante, un courant contraire à l’uniformité qui est la couleur actuelle. Quelque chose entre gris muraille et noir cauchemar.

    B.M : Guy, en fait, tu es très intello ? Ce n’est pas un reproche. Tu ne viens pas des bas-fonds de la culture, des rase-mottes de l’intelligentsia. Tu t’es hissé haut, en crapahutant bien sûr, mais tu domines la vallée des paumés, des pauvres sans culture et aussi de certains riches de la classe bourgeoise, avec une culture au raz des pâquerettes, surtout ceux qui n’ont rien et naissent proches, si je puis dire, du berceau-cercueil qui va les emporter sans aucun espoir de survie, au-delà de la vie, dans la mort, sans avoir pu approcher la culture, je dirais au mieux, la connaissance, et cela malgré leur intelligence, non ?

    G.D : Intello n'est donc plus une insulte. Et assurément je le suis, ayant foi dans les idées et défendant la littérature comme outil de connaissance. Cela ne va pas chez moi sans la tentation du rêve, la pente flâneuse, le goût des analogies et le recours à l'intuition, tout ce qui consent à l'épanchement du songe dans la vie réelle. J'appartiens au peuple des lecteurs qui cherchent l'enchantement et les lignes de fuite dans un monde à barrières. Et je conseille vivement de découvrir l'œuvre d'Edmond Jabès pour qui le Livre est une demeure habitable. Peut-être est il encore temps de se soustraire à trop de réalité dans un élan de vie qui redonnerait au verbe poétique, à la puissance des images, la force nécessaire dont nous privent aujourd'hui les partisans du réalisme inflexible. Une autre lucidité doit à présent jaillir sans commune mesure avec la démesure des enjeux d'argent. Un autre regard doit être porté sur la vérité de nos trajectoires humaines. L'homme est plus grand qu'une cathédrale, disait à peu près Joseph Delteil. Les rationalismes de toutes sortes, et d'abord économiques, sont de nouveau à dépasser. Sans quoi la merveille y perdra et nous n'aurons plus du monde qu'une vision anguleuse, faite de perspectives sans beaux lendemains. Seule la littérature est susceptible de travailler, dans sa propre matière qui est l'imaginaire, à la réévaluation du monde. Le monde est le prolongement de l'être imaginant et nous aurions tort de suivre les rêveurs actuels qui ne représentent qu'une seule réalité, la réalité des flux monétaires et du Monopoly. La culture est en danger mais c'est parce que la culture est dangereuse. Elle peut tourner les faibles contre les forts. Elle est l'énergie qui pourrait démonter tous les diagnostics et principalement la farce économique de toute pièce inventée par les intellectuels de la finance. Dans une époque qui émet la possibilité de limiter les actes de commémoration, il est urgent, plus que jamais, de réhabiliter la mémoire, de stimuler le souvenir afin que l'on constate, jour après jour, que les luttes sociales,  menées par nos pères et grand-pères, mères et grand-mères étaient des gestes pour l'avenir. Nul futur sans mémoire. Chaque jour que fait l'actuelle gouvernance est un pas en arrière qui efface les combats de sueur et de sang. Chaque jour est un recul pour les gens à mémoire, ceux qui retiennent encore le bruit des batailles anciennes, le bruit des clameurs et des barricades, les joutes périlleuses contre l'oppresseur, contre les gouvernements à poigne et à rigueur, hostiles sans vergogne aux arguments de dignité. Revienne une littérature de fenêtres ouvertes sur un ciel meilleur. Revienne la foi dans le livre comme un support à des secousses, à des éveils. À moins que la nuit ne soit déjà tombée, je gage que l'imaginaire et ses prolongements dans la pensée auront raison du cauchemar. Car nous voyons se tordre l'espoir dans les convulsions du renoncement. Assez de mauvais rêves. Assez de mensonges.

    B.M : Danton a dit : « Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple. » Guy, beaucoup de vérité dans ce propos, n’est-ce pas ? Ça fait du bien d'entendre cette courte phrase d'un révolutionnaire. Aussi en parlant d'Agnès et Joseph, tes parents, tu écris : « Joseph m'arrogea de m'élever dans le culte du verbe acrobate et de l'arbre qui porte l'oiseau. Il m'étoffa d'un lexique champêtre, le modulant d'un peu d'argot et de langue gallèse. J'avais mon passeport en poche, fils d'Agnès et de Joseph, petit fils de Théo, mon grand père ». Quel bel hommage à tes parents, à ton grand-père!

    G.D : Toujours la célébration du verbe et du rêve, mots consanguins. Et cette évidence que nous résultons d'une lignée, d'un axe. Je me tiens dans le souvenir, et le souvenir cultivé, des sources. D'où je viens était la survie mais dans une espérance certaine. On riait dans la certitude que les nuages finiraient bien par s'écarter. Nous l'avons cru. Il est possible que la modeste condition de mes parents devienne enviable. Il n'est pas impossible que nos enfants aient à subir le joug des régressions. Ainsi se retrouveraient-ils dans la situation que ma mère a connu, celle de grande pauvreté. J'en appelle au souvenir du temps proche, à l'écoute des misères vaincues par la ténacité. Théo, mon grand-père, avait tiré les leçons en rejoignant, à Paris, le rang de ceux qui refusent les lois de l'oppression. Il tenait tête et ses paroles étaient aiguës. Il savait que son combat valait pour les générations à venir. Héros de papier rend hommage à la puissance des faibles, aux obscurs quêtant la lumière dans cet entrebâillement où les petits se rallient entre eux. Chaque jour qui passe est désormais un enjeu de vie avant que ne triomphe l'abdication, la soumission aux règles obscures du pragmatisme. Rêvons toujours aux possibles des joies, à l'harmonie des songes, pour que le monde soit comme le livre du bonheur. Car c'est assez de nous faire croire qu'il n'y a de fête que dans l'abrutissement, que dans la perte de conscience.

    L'Education et je veux corréler ce mot à ce que l'on nommait autrefois, très justement, l'Instruction publique ; l'Education pourrait bien devenir un dispositif régulé pour intégrer les rouages d'une économie désolidarisée des urgences sociales. Il se pourrait que l'Education ne consiste plus en un moyen pour l'élève d'accéder à la connaissance. La mise en place des EPEP (Etablissements Publics d'Enseignement Primaire), ces hyperécoles administrées par un conseil où les enseignants seront sous-représentés, préfigure la forme d'une école soumise à des impératifs strictement économiques. Les EPEP annoncent la fin de l'Ecole publique et laïque, telle qu'elle garantissait le dogme républicain : liberté, égalité, fraternité. Ces hyperécoles configurées par le souci d'efficacité et de rentabililité anticipent l'Ecole de demain, celle de la compétition et de son apprentissage. L'Education au sens où l'entend Danton est sans doute plus proche d'un dispositif destiné à affranchir l'élève de l'ignorance que l'Ecole que l'on nous prépare où l'élève sera assujetti aux règles du marché. L'Ecole qui se profile sera celle de l'ignorance, un système où il ne sera plus question pour l'élève d'apprendre à apprendre et de se découvrir autonome. Retour à un enseignement formaté et doctrinaire. Le rêve républicain d'un espace où l'enfant est l'égal de tous est un rêve mort. Nous voyons d'ores et déjà se dessiner les atteintes à la liberté grande. C'est bien l'économie qui décidera de la validité des programmes et non l'obsession de l'intelligence. Oui, je le crois vraiment, nous entrons dans une ère où l'ignorance domestiquée est l'alliée des puissants.

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    B.M : Guy, je t’ai donné un peu de travail pour ces deux entretiens. Merci  d’avoir répondu à mes questions avec autant de franchise, de vérité et d’émotion.

     

     

     

     

     

     

  • COSMOGONIE DU SOFA AUX STATES

    L'une des particularités du sofa est sa propulsion dans l'espace sans bornes. Mon livre voyage. En octobre, il s'est envolé vers Los Angeles. Quelques haltes en témoignent. Le voici dans le cimetière de Westwood, là où furent inhumés Janis Joplin, Marylin Monroe, Frank Zappa aussi. Il n'est faite aucune inscription du nom de Zappa sur le marbre. Cosmogonie du Sofa a survolé le cimetière et salué le souvenir de Zappa, du Strip et de Laurel Canyon.

     

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    Photos Martin Vaugoude

     

  • JIMMY CARL BLACK 1938-2008

     

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    Jimmy Carl Black
    Par le Grand Manitou !
    Je l'entends qui galope sur les grandes plaines de la Black Page.
    Les pas de son mustang résonnent sur l'air de King Kong.
    De ses cheveux fous s'envolent les notes de Burnt Weeny Sandwich.
    Sa voix éraillée est transportée par le vent des Grands-Esprits.
    La pluie amère se transforme en douce bière.
    La Terre-Mère libère du poids de la misère.
    Par le Grand Sachem !
    Il va enfin retrouver son presque sosie, chevelu à foison, Crin Noir et Cheval Fou unis par la Big Black Moustache.
    Le tonnerre va gronder. Ça va faire du bruit Là-Haut.
    YaHozna
    VOIR
    JIMMY CARL BLACK - THE INDIAN OF THE GROUP

     

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    Frank Zappa sous Jimmy Carl Black

     

     

  • LUMPY MONEY ❘ FRANK ZAPPA

     

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    Pour célébrer le 40ème anniversaire de la publication de Lumpy Gravy et de We're Only In It For The Money la Zappa Family Trust annonce, sans bugle ni marimba, l'édition d'un coffret 3 CD restituant les pistes originales de ces deux opus magnum.

    Les notes de pochettes seront de David Fricke.

    Sortie le 25 novembre.

    Il est plus que jamais utile de guetter l'événement sur The Real Frank Zappa Page, soit www.zappa.com

     


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    GAIL ZAPPA REPOND A VANITY FAIR EN OCTOBRE 2008

    VF Daily: How would you explain these two albums to somebody who isn’t all that familiar with Frank Zappa?

    Gail Zappa: Lumpy Gravy and We’re Only in it for the Money are part of what Frank called his master work. For him, every album was just part of the same composition and everything was all one big piece of music. But the three particular pieces that he considered his absolute masterwork were Lumpy Gravy, We’re Only in it for the Money, and Civilization Phase 3, the last album that he actually finished. They’re constructed in a similar way.

    Lumpy Gravy is Frank’s first outing on his own as an artist, and We’re Only in it for the Money is his first outing as a producer. It was supposed to also be his first outing as a rock ’n’ roll artist, but the record company insisted on it being a Mothers album, for marketing reasons. [The Mothers of Invention were Zappa’s band.] But technically these are both Frank’s first ventures as rock ’n’ roll artist and also as a classical composer.

    How does this fit in with the rest of the re-release series you’re working on?

    We want to honor all the re-releases in the 40th anniversary. But the exception is these two, because they are also part of the masterwork. Because they belong withCivilization to be seen properly. So in this particular case what we’re going to try to do is to be more focused on the process on Frank’s work, as opposed to [including alternate] versions [of individual songs]. If you look at a score, sometimes you’ll see sketches of what’s going to be in the score before the score is written. That’s kind of what we’re going for with this record. Little sketches of it, as opposed to completely other versions that didn’t “make it to the record.”

    Will Civilization be sold separately?

    Yeah. Although we are going to do a special edition of these three records, shortly. We didn’t announce that because we thought it would be too confusing. And it already is confusing. I’m going to be really surprised if I manage to get through this alive.

    If you don’t like confusion you should probably step away from the Frank Zappa discography. That’s part of the fun of it, don’t you think?

    Confusion I’m not fond of. But chaos I thrive on.

    You’re very conscientious about protecting Frank Zappa’s legacy. What’s the thing that worries you the most about that legacy and how it’s being treated?

    Identity theft. I’m glad you asked me. No one has asked that before. And that’s what it is: Identity theft. Because everybody imagines who Frank Zappa is. And then they go on, some of them, to imagine, I could make some money if I reinvent Frank Zappa in my own image. Which may suck, by the way. So people write books and they make records and they do this stuff. So every day my job is to protect and serve, like the L.A.P.D. Protect the integrity of the work itself. And serve the intent of the composer.

    How does that work out, pragmatically speaking?

    It’s a lot of squabbling over copyright issues. The real reason why I do this is because it’s just my obligation to Frank Zappa, who really believed in the Constitution of the United States of America, and one of its provisions covers copyright. And I don’t like people fucking with Frank’s last word, and his last word is his music.

    I know that you’ve had some issues with iTunes, and that you object to the MP3 format because it requires music files to be so compressed. Do you ever worry that if people can’t get MP3 downloads, you’re going to miss a chance to reach new fans?

    Well, you know, I’m of two minds there. First of all, this is a concept that Frank thought up in 1983 and published a copyrighted document on, that was filed with the copyright office. The idea was to deliver music over phone lines. As usual, he’s prescient. I don’t know how it would be different had Frank lived. Or how he would necessarily feel about it. But I do know his intention was that his music should not be massively compressed. And for that reason he insisted that his masters be sold in a specific format; anything less than that format was not permitted under the agreement. And iTunes was way below 16-bit technology [when Rykodisc, which had the rights to the Zappa catalogue, made it available there]. So I’m not having an argument with iTunes. I was always having the argument with the delivery by Ryko of something that they weren’t entitled to do, which is the digital download of less than 16-bit technology.

    I don’t want to fault delivery systems. Really what is happening with music—because people steal it more and more, I think they just want to have it. They don’t want to listen to it. Because if they wanted to listen to it, they wouldn’t buy it that way.

    You mean compressed?

    Yeah. It’s like you want a knock-off of something. You just say that you have it. To appear as if you’re hip or cool, whatever it is. You want to hear the musical idea. But you don’t want to hear the music.

    Frank makes fun of hippie culture a lot in We’re Only in it for the Money.What do you think he’d be making fun of today?

    Well, anybody who takes themselves seriously. Nobody was spared, including himself. He was certainly relegated to that sort of—it’s hard for you to imagine, because you sound like you’re about 12.

    I’m 33.

    Very close, from my perspective. I have a son your age. When these records were made, everything in the media was about them and not us. We were excluded. And if we were talked about at all, they pointed the finger: those are them and they’re dangerous. So we were a little separate community, everybody under the age of 25 in 1965. It’s hard to imagine for people now, especially your age, that your whole country, your parents and everybody, would be against you if you behaved or looked a certain way. It’s so pervasive now that no one cares anymore.

    The mainstream culture has also become very adept at co-opting anything that’s at all creative or “edgy.”

    Absolutely. That’s absolutely true. Frank never intended to be psychedelic or avant-garde or any of those titles that have been visited upon him by everybody else in retrospect. That wasn’t what he was trying to do at all. He was just saying, This is what I think about that, and this is how I’m going to show you what I think.

    Speaking of your children, I caught one of Dweezil’s performances of the Frank Zappa catalogue a year or two ago at the Jammies.

    You have to see it now! It’s nothing like that now. That was when they first started out. And there was so much pressure for them to have original members that played in Frank’s band. And it was just so heartbreaking for all of us—especially the family—that we had to do that. Because we just believe in the music and that it’s alive and well, and that it doesn’t need those guys to hold it up anymore. Or to participate in any way. If it can’t be played by people of your generation, then what’s the point?

     

  • ALBERT MARCOEUR ❘ CAFE DE LA DANSE

     

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    Albert Marcoeur, ah !

    Albert Marcoeur, ah ! ah !

    Ah ! Marcoeur

    Albert, ah ! ah !

    Longtemps, cela fait longtemps que je suis l'homme et ses oeuvres

    Depuis 1974, il faut dire

    depuis qu'au Théâtre des Arts, je la trouvai bien belle,

    belle cette scène champêtre

    beau l'instrumentarium camouflé dans du bois

    bois de fût

    bois des celliers où le vin repose avant qu'on le gouleye.

    Octobre 2008, je fus au Café de la Danse, boire ses mots, voir le show

    c'était rien beau

    sourires et larmes qui pianotent aux paupières

    aux commissures aussi

    sûr j'étais ému

    j'étais ému.

     

    C'est pas terrible le son, hein ?
    mais c'est mieux que rien, non ?